Communiqué contre l’arrêté anti-mendicité

Le 23 juillet 2018, le maire de Gap, a pris un nouvel arrêté municipal dont l’objectif est d’éradiquer la présence de personnes en situation précaire dans les rues de la ville. Cet arrêté se donne pour motif des éventuelles questions d’ébriété ou de manque de décence. Le maire va jusqu’à invoquer ses obligations de « maintenir l’ordre public », de « garantir la liberté d’aller et venir de tous » et de prévenir les « dangers de santé publique ». Notre ville est-elle devenue une zone de non-droit ?

Le maire, qui a d’ordinaire tant de plaisir à communiquer sur les décisions qu’il prend, a passé celle-ci sous silence. En effet, cet arrêté a été pris sans concertation ni consultation des acteurs sociaux, même la presse gapençaise n’en a pas été informée. Devons-nous penser que cet arrêté a été pris en catimini et que la mairie ne souhaite pas approfondir le sujet ?

Ce type d’arrêté visant à satisfaire une minorité en cherchant à désigner quelques boucs-émissaires n’est qu’une tentative inappropriée et populiste. Je regrette que le maire se soucie plus de son image auprès de certains que du bien-être de tous ses administrés. Nous nous devons d’être forts et de régler les problèmes de fond au lieu de chercher à dissimuler la misère des plus fragiles en les excluant pendant la période la plus touristique de l’année.

Je trouve que ce type d’arrêté est bien trop réducteur. En effet, ce n’est pas de cette façon que le problème réel de la pauvreté pourra être traité dans notre ville. Il nous faut nous saisir de cette problématique dans son ensemble, sans vouloir en stigmatiser quelques uns. Pour cela nous devons nous appuyer sur le réseau associatif très actif dont nous bénéficions grâce à des organismes tel que les Restos du Cœur, le Secours Populaire, la Petite Ourse, le Secours Catholique et bien d’autres. En tant que maire, je n’hésiterai pas à faire appel à l’expertise de ces structures pour m’aider à faire en sorte que plus personne ne souffre de la précarité dans notre ville.

Je souhaite que nous puissions trouver des solutions adaptées à chacune et chacun.

La meilleure des sécurités étant l’emploi, il est également temps de se consacrer pleinement au développement économique de Gap et de son agglomération.

Avec ceux qui feraient preuve d’incivilités, je me montrerai intraitable, mais je ne confondrai jamais pauvre et délinquant ! Notre arsenal législatif actuel permet d’ores et déjà d’assurer le bien être dans l’espace public. Il n’est ainsi aucunement besoin d’un tel arrêté.

Prendre une telle mesure ne sert qu’à satisfaire quelques personnes dans un but purement électoraliste et je le condamne fermement !

Christophe Pierrel

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