Gratuité des bus dans l’agglomération : pour quelle qualité de service ?

Le Président de la Communauté d’Agglomération Gap Tallard Durance vient d’annoncer que la gratuité des transports publics serait étendue, après diagnostic et étude avec les élus et techniciens, à l’ensemble des 17 communes regroupées depuis le 1er janvier 2017 au sein de la nouvelle agglomération Gapençaise.

Mais il semble que les décisions sont déjà prises puisque la date de septembre 2018 est dès à présent annoncée !

C’était déjà le cas pour les communes de Pelleautier et la Freissinouse depuis le 1er janvier 2014, date de création de la Communauté d’agglomération « Gap en plus grand ».

Le principe de la gratuité des transports publics avait été décidé par Pierre Bernard-Reymond dés le 2 novembre 2005 sur le territoire communal et maintenu à la création de la nouvelle intercommunalité.

Au-delà de la belle idée de gratuité, nous devons à la fois nous interroger sur le financement du service et sur sa qualité.

Il est nécessaire de rappeler qu’aucun service public n’est gratuit et que le coût des transports est à la charge du contribuable, mais aussi des employeurs de plus de 11 salariés à travers le versement de transport 

Pourtant les moyens prévus pour les transports au niveau de l’agglomération ne semblent pas être en augmentation. Il est donc difficile d’imaginer un développement ambitieux pour l’avenir. 

Pourtant, nous avons besoin d’un réseau de transport public efficace. Face à l’asphyxie de la circulation automobile à Gap, la rocade en construction n’apportera qu’une moindre amélioration puisque 85% du trafic est interne à la ville de Gap et seulement 15% pour le transit. 

Malheureusement, derrière les discours se cache une autre réalité : celle de la dégradation du réseau de transports publics LINEA :

  • Non remplacement des conducteurs et suppression impromptues de services, 
  • Régie LINEA purgée de son encadrement et réduite à la seule gestion des personnels de conduite et des véhicules sans vision stratégique,
  • Absence de renouvellement des autobus (certains ayant plus de 15 ans) et acquisition de véhicules fortement kilométrés d’occasion à d’autres réseaux  urbains les mettant en réforme,
  • Gestion des lignes 1 et 3 en vacances scolaires par la SCAL puisque la Régie LINEA n’en a plus les moyens,
  • Démontage des pots catalytiques sur les véhicules les plus polluants faute d’entretien, 
  • Gestion de la priorité des bus aux feux de circulation à l’abandon,
  • Annonces visuelles et sonores des arrêts en panne ou absents dans les véhicules …
  • Manque de développement des parcs extérieurs « relais » : ni éclairés, ni goudronnés, ni sécurisés, 
  • Absence de mise en adéquation des rythmes de vie des habitants avec les horaires des bus : aucun plan de déplacement depuis 2006…

en conséquence, le vrai défi qui se présente à nous est de repenser entièrement les transports et la mobilité dans la ville de Gap et son agglomération. 

Les belles déclarations d’intention ne suffisent pas, il est temps d’agir pour réellement rendre la vie des Gapençais plus facile au quotidien. Les transports sont une source majeure de mécontentements et nous entendons, dans les prochains mois, apporter des solutions innovantes, concertées avec les habitants et éclairées par le travail d’experts.

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